C’est de ce paradoxe qu’est née sa passion. Il avait le vertige, et c’est précisément pour lutter contre lui qu’il a choisi le trapèze volant. Le vide n’était pas pour lui un décor, mais un adversaire intime. Cette tension entre peur et maîtrise a irrigué tout ce qu’il a construit ensuite. Elle explique aussi son choix de position dans les airs : il se plaçait comme porteur, celui qui reçoit les voltigeurs à la fin de leur envol, une fonction peu mise en avant, fondée sur une confiance absolue : “Voler comme on nage, comme on respire, comme on aime. Se laisser porter par les ailes du désir.” Recevoir plutôt que voler : ce geste dit déjà tout d’un homme qui s’est effacé pour faire briller les autres.
Fondateur de la compagnie Les Arts Sauts, avec sa femme Laurence de Magalhaes, il a placé le trapèze au premier plan. Il expliquait au Figaro en 2007 : “À notre sortie de l’école, le trapèze n’était pas une discipline très courue par les jeunes artistes. Nous avons eu l’idée d’un spectacle commun que l’on créerait sur la base d’un collectif. Travailler en collectif était l’un de nos objectifs. Les deux autres étaient de voyager et de faire du trapèze de manière artistique là où nos rêves nous emmèneraient.” Au total, la compagnie comptabilise plus de 1 500 représentations.
De trapéziste à directeur de théâtre
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