En dépit des tentatives de réformes et des promesses des élus, la sélection des candidats aux logements sociaux est toujours aussi opaque.
Contrairement aux apparences, Claudine Bouygues n’a aucun lien de parenté avec la richissime famille de bétonneurs. Depuis 1989, cette femme de 55 ans vit dans un modeste logement social parisien dans le quartier de la Chapelle. Une affaire : à peine 700 euros par mois charges comprises pour 56 mètres carrés. Le problème, c’est qu’elle n’est plus tout à fait certaine de pouvoir y rester. Claudine Bouygues siège en effet au Conseil de Paris, au sein du groupe socialiste. Or Anne Hidalgo a promis que, si elle était élue, «aucun conseiller de Paris ne serait locataire d’un logement attribué par la ville ou un de ses bailleurs». Un an plus tard, l’élue n’a toujours pas déménagé, pas plus que la plupart des conseillers concernés (une dizaine, de droite comme de gauche). Revenus modestes, situation familiale compliquée, obtention du logement avant l’élection… Tous ont un bon argument pour rester. Et chacun espère que la commission de déontologie, créée récemment par le Conseil de Paris, se prononce sur son cas.
Ça n’en finira donc jamais, ces histoires de copains qui logent dans les HLM ! Après les scandales des Hauts-de-Seine, l’affaire de l’appartement du fils Tiberi, les dérives des Balkany à Levallois et les ennuis d’Alain Juppé, «droit dans ses bottes» mais contraint de quitter son pied-à-terre du Quartier latin dans les années 1990, on pensait pourtant que nos élus étaient rentrés dans le rang. Qu’ils avaient enfin décidé de réserver leurs logements à ceux qui en ont vraiment besoin. Eh bien, on se trompait. Certes, les mauvaises habitudes sont moins répandues que par le passé et beaucoup d’offices gèrent désormais leur parc immobilier au cordeau. Mais, notre enquête le prouve, les mauvaises pratiques continuent à faire des ravages dans certaines communes.
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